Rapport annuel 2025 concernant les activités de la Ville de Gatineau reliées au Plan climat

22 avril 2026
Claude Fortin

RAPPORT ANNUEL 2025
concernant les activités de la
Ville de Gatineau reliées au Plan climat

Préparé par Action Climat Outaouais
à titre d’observateur
Avril 2026

Introduction

Action climat Outaouais (ACO) publie son cinquième rapport annuel à titre d’observateur sur les activités de la Ville de Gatineau reliées au Plan climat. En plus des activités ayant eu lieu sur le territoire de Gatineau nous incluons aussi des références aux reculs par rapport à la lutte aux changements climatiques observés au Québec et au Canada.

ACO se désole du fait que ce cinquième rapport ne montre encore aucun progrès tangible dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire de Gatineau, en fait les résultats des inventaires d’émissions indiquent que les émissions ont augmenté entre 2015 et 2021 et que les actions concrètes pour réduire les émissions sont insuffisantes.

Nous présentons nos observations sur le bilan du Plan climat et la proposition de test climat présentés par l’administration municipale. Nous constatons que beaucoup de temps et d’énergie doivent être encore investis à gérer des enjeux de coordination interne malgré le fait que le développement du Plan climat ait débuté en 2017. Nous réitérons que la Ville n’implique pas suffisamment les citoyens dans la lutte contre le changement climatique, et que la communication du Plan climat sur son site web reste inadéquate.

Par ailleurs les effets des changements climatiques continuent de se faire sentir. Durant la dernière année la région a été affectée par une vague de chaleur et un manque de précipitations. Ailleurs au pays et dans le monde, les impacts des changements climatiques ont été encore plus notables avec des feux de forêts, canicules sur de vastes territoires, sécheresse et inondations en Europe, tempêtes sévères, etc. Cette situation inquiète fortement les compagnies d’assurances, institutions des plus « pragmatiques », pour utiliser une expression au gout du jour.

Nous réitérons l’observation que nous avons faite dans notre rapport de l’an dernier à l’effet que la tâche à laquelle font face les élus et les membres de l’administration municipale est complexe et difficile, mais que la complexité du défi n’est pas une raison suffisante pour ne pas prendre les actions requises par l’urgence climatique. Les experts le disent et le redisent, plus on attend pour prendre action, plus les impacts seront importants et plus les coûts seront élevés. La lutte aux changements climatiques n’est pas une option c’est une obligation morale.

Afin de préparer la mise à jour du Plan climat nous recommandons que la Vérificatrice générale se penche sur la mise en application du Plan climat. Afin de progresser dans la réduction des émissions nous recommandons aussi que la Ville développe des plans ambitieux et détaillés pour la décarbonation des transports et des bâtiments.

ACO continue d’appuyer le déploiement du Plan climat et nous continuerons de documenter les progrès tout comme l’absence de progrès et ferons rapport annuellement.

Messages clés

La pandémie, ainsi que l’arrivée au pouvoir de politiciens climato négationnistes aux États-Unis, ont mis un frein aux avancées dans la lutte contre les changements climatiques. Par ailleurs, certaines décisions prises par nos gouvernements provincial et fédéral compromettent la réalisation des objectifs collectifs. Nous sommes convaincus qu’avec le temps il deviendra évident que cette approche privilégiant le court terme entraînera des coûts accrus et rendra la résolution de ces enjeux plus complexe.

La crise climatique continue de se déployer devant nos yeux, encore une fois des records sont battus. L’agence européenne Copernicus vient tout juste de déterminer que l’année 2025 est derrière 2023 et 2024 la troisième année la plus chaude jamais enregistrée. D’après l’organisme Ouranos, la température moyenne de l’hiver 2025 a excédé de plus de 4 °C la moyenne observée entre 1981 et 2010. La sècheresse et les intenses feux de forêt de l’été dans le nord du Canada ont eu des impacts majeurs partout au pays. La fumée générée par ces feux a affecté la qualité de l’air aux États-Unis ainsi qu’en Europe. En 2025, le seuil de réchauffement de 1,5 °C de l’Accord de Paris a de nouveau été franchi. Selon le Bureau d’assurance du Canada, en 2024, les sinistres attribuables aux phénomènes météorologiques violents ont triplé en un an, atteignant un nouveau sommet de plus de 9 milliards de dollars.

Plus de quatre ans après avoir adopté son Plan climat, la Ville n’a toujours pas présenté d’actions significatives pour réduire les émissions des secteurs du transport et du bâtiment, secteurs responsables de 70% des émissions de GES sur le territoire. Nous recommandons que des initiatives spécifiques, incluant les estimations de réductions d’émissions GES encourues, visent ces secteurs.

L’administration municipale a présenté dans le cadre des travaux de la Commission de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques son bilan du Plan climat ainsi qu’une ébauche d’un Test climat. Le bilan présenté porte essentiellement sur des enjeux administratifs et ne reflète que très peu les besoins fondamentaux que sont la réduction des émissions de GES et l’adaptation aux changements climatiques.

Nous soulignons la tenue du premier sommet du Partenariat Climat Outaouais auquel participe la ville de Gatineau. ACO souhaite que le PCO pourra favoriser l’harmonisation des efforts des acteurs de l’Outaouais, incluant la Ville de Gatineau et les MRCs de la région.

Même si la lutte aux changements climatiques n’est plus au gout du jour, nous continuons de croire que les politiciens, ceux qui établissent les cibles et objectifs, devraient être imputables envers la population. Nous réitérons encore une fois que le site web de la Ville a besoin d’être modernisé afin de pouvoir informer la population de manière adéquate.

Le budget 2026 ne fait aucunement référence aux changements climatiques, nous reconnaissons cependant que des initiatives en aménagement du territoire, en gestion de l’eau et des îlots de chaleur, matières résiduelles et protection de la biodiversité contribueront à l’adaptation aux impacts des changements climatiques. Ces initiatives n’auront cependant que peu d’impacts sur les émissions de gaz à effet de serre

Tenant compte du fait que le Plan climat (Phase 1) dévoilé en 2021 avait un horizon de 5 ans, nous recommandons que la Ville en fasse un bilan formel et initie la préparation d’une mise à jour qui porterait sur les cinq prochaines années nous amenant à 2030. Afin d’amener un regard objectif et rigoureux sur la situation, nous recommandons que la Vérificatrice générale se penche sur la mise en application du Plan climat. Son évaluation servirait de base sur laquelle la deuxième phase du Plan climat serait ancrée.

Reculs des gouvernements supérieurs

Avant de faire la revue des évènements spécifiquement associés au Plan climat, nous présentons un bref survol des nombreuses décisions prises par les gouvernements provincial et fédéral qui vont à l’encontre de la lutte aux changements climatiques.

Au niveau fédéral

Avril : Abolition de la tarification sur le carbone pour les consommateurs, la tarification pour les grandes entreprises est maintenue. Nous notons que cette décision n’a pas d’effet au Québec qui continue d’opérer sous le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre au Québec (SPEDE).

Juin : La Loi C-5 (Unité de l’économie canadienne) donne au gouvernement fédéral le pouvoir de déclarer des projets d’« intérêt national », permettant d’écarter des lois et règlements fédéraux et provinciaux. Cette loi suscite des préoccupations sérieuses concernant la déréglementation environnementale, le support donné à des projets favorisant la consommation des combustibles fossiles, l’empiètement sur les compétences provinciales et la réduction de la participation citoyenne et celle des communautés autochtones.

Novembre : Signature du Protocole d’entente Canada-Alberta qui comprend :

  • La suspension du plafond sur les émissions du secteur pétrolier et gazier et du règlement sur l’électricité propre.
  • Les exemptions éventuelles au moratoire sur les pétroliers le long de la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique.
  • Les subventions fédérales dont bénéficiera l’industrie fossile.
  • Cette entente stipule que plusieurs éléments de l’entente (tarification sur le carbone industriel, accord sur la réduction du méthane et protocole d’entente sur le captage et le stockage du carbone) feront partie d’une entente Canada- Alberta qui sera négociée d’ici le 1er avril.

ACO rappelle que l’industrie pétrolière et gazière a émis en 2023 30 % des gaz à effet de serre (GES) au pays. C’est le secteur économique le plus polluant au Canada.

Décembre : Lueur d’espoir dans ce sombre portrait, le gouvernement fédéral a publié ses nouvelles règles environnementales devant forcer la réduction d’émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, pour le secteur du pétrole et du gaz, ainsi que pour les dépotoirs.

Au niveau provincial

Le Québec n’est pas en reste, le gouvernement provincial a aussi mis de l’avant une série de politiques allant à l’encontre de la lutte aux changements climatiques.

Septembre : le gouvernement du Québec annonce la levée de l’interdiction de vendre des véhicules à essence neufs en 2035. Selon le gouvernement cette décision permet d’offrir un répit à l’industrie de l’automobile tout en maintenant le cap sur l’électrification des transports.

Toujours en septembre : le gouvernement a demandé un avis au Comité consultatif sur les changements climatiques concernant la révision des cibles de réduction d’émissions de GES . En réponse ce Comité d’experts a émis un avis qui recommande de viser la carboneutralité dès 2045 et de mettre en place des cibles intermédiaires de réduction des émissions nettes de 60 % en 2035 et de 78 % en 2040. Les scientifiques affirmaient aussi que la réduction des émissions de GES stimulera la création d’emplois et l’innovation.

Novembre : dans le cadre de la mise à jour économique le ministre des Finances du Québec a annoncé que les surplus de 1,8 milliards accumulés dans le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) seraient transférés dans le Fonds des générations au lieu d’être utilisés à mettre en place des mesures visant à réduire les émissions de GES.

Décembre : présentation du projet de loi 5, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale. Ce projet de loi accorde au gouvernement l’autorité de soustraire les mégaprojets à de nombreux règlements et lois portant sur la protection de l’environnement.

29 septembre – Communiqué de presse du Bureau d’assurance du Canada

Nous reproduisons ici une partie du communiqué de presse émis par le Bureau d’assurance du Canada. Les conclusions présentées par les assureurs sont très claires, les événements météorologiques, de plus en plus fréquents avec les changements climatiques nous coûtent cher.

« Au Québec, les dommages assurés résultant de la tempête tropicale Debby ont atteint 2,8 milliards de dollars, faisant de 2024 l’année la plus coûteuse jamais connue. Derrière une telle statistique, il y a un coût humain et économique: des familles qui ont été forcées d’évacuer leurs foyers et des entreprises qui ont dû cesser leurs activités, sans compter les délais et les coûts importants inhérents au processus de rétablissement. Devant une hausse annoncée de la fréquence et la sévérité des événements météorologiques extrêmes, et leur occurrence dans des endroits de plus en plus variés, une réponse collective est requise qui demandera la participation de plusieurs intervenants. Il faut mettre en place les mesures nécessaires pour réduire la vulnérabilité aux risques auxquels la population – et ses biens – sont exposés. C’est la voie à privilégier pour contrôler le coût de l’assurance et l’accès à certaines protections. Selon l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques, chaque dollar investi en mitigation des risques permet d’économiser entre 5 et 10$ en dommages futurs. Ainsi, les gouvernements, les assureurs, les municipalités et les communautés doivent travailler ensemble pour favoriser l’adaptation et accroître la résilience des communautés. »

Activités reliées à la mise en place du Plan climat

Avril : Analyse des inventaires d’émissions de gaz à effet de serre et des cibles de réduction adoptées par la ville de Gatineau

ACO a effectué une analyse des inventaires d’émissions de GES disponibles pour la ville de Gatineau. Les résultats révèlent que les engagements pris par les politiciens depuis une quinzaine d’années ne sont pas respectés et que ces derniers ne s’en préoccupent pas.

  • Pour la période 2009 – 2021 : il y a eu une réduction de l’ordre de 7 à 8 % des émissions entre 2009 et 2015 mais aucune réduction n’a été observée par la suite.
    • La cible de réduction de 18% pour la période 2009 – 2021, adoptée par résolution du conseil municipal en 2015, n’a clairement pas été atteinte.
  • Pour la période 2015 – 2021 : les émissions totales de GES sur le territoire de Gatineau ont légèrement augmenté.
    • Ces résultats suggèrent que les cibles de réduction pour la période 2015 à 2030 ne seront pas atteintes.
  • Nous avons observé que les politiciens et l’administration municipales ne se soucient pas de faire le suivi des actions entreprises pour réaliser les engagements pris par résolution du conseil municipal.

19 juin – rencontre de la Commission de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques (CELCC) — Plan climat : présentation de l’état d’avancement et priorisation des actions

Voir en particulier :

Nous reproduisons ici certains passages de cette présentation. [Nous en avons déposé une copie sur le site d’ACO.]

Enjeux et défis

  • Coordination complexe entre services – 238 mesures réparties sur 7 domaines et 44 actions : un suivi exigeant entre unités municipales et partenaires.
  • Démarrage lent des secteurs structurants Urbanisme et bâtiments : plusieurs mesures non débutées en raison de besoins préalables en études et planification.
  • Suivi et reddition de comptes à structurer. Manque initial d’outils de monitorage. Nécessité d’un système public et interne de suivi transparent.
  • Capacités humaines et financières à renforcer. Renforts récents (coordonnateurs).
  • La présentation fait référence à huit « grands indicateurs de performance »
    1. Émissions de GES de la Collectivité et corporative avec objectifs
    2. Parts modales des déplacements sur le territoire
    3. Part de véhicules électriques immatriculés
    4. Superficie des îlots de chaleur
    5. Superficie du territoire terrestre protégée
    6. Taux d’élimination (Note d’ACO : il s’agit ici des matières résiduelles)
    7. Participation des citoyens et des entreprises
    8. Indice de résilience climatique ( par aléa climatique )

Observations

  • Une analyse détaillée de ces indicateurs va au-delà du cadre de ce rapport. Nous limitons nos commentaires au fait qu’ils sont incomplets, que leur formulation est vague, que l’indicateur 6 porte sur la gestion des matières résiduelles et que les indicateurs 7 et 8 sont présentés pour des objectifs non encore identifiés.
  • Les émissions de GES estimées à partir des inventaires ont augmenté entre 2015 et 2021.
  • La Ville n’a toujours pas mis en place d’initiatives pour informer et engager la population.
  • Ce bilan reflète la perspective de la bureaucratie municipale et beaucoup d’efforts portent toujours, après toutes ces années, sur la coordination interne.

Perspectives

  • Nous continuons d’être déçus par la mise en place du Plan climat. Malgré le nombre d’années écoulées et les ressources investies les résultats sont absents et les orientations demeurent floues.
  • Nous recommandons que la Vérificatrice générale se penche sur la mise en place du Plan climat.
  • Nous recommandons que la Ville se prépare à mettre à jour le Plan climat pour la période allant jusqu’à 2030.

Septembre – Commission de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques (CELCC) – Test climat

Présentation sur le « Test Climat: un outil d’aide à la décision sur les impacts environnementaux », Commission de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques – Ville de Gatineau.

Une analyse complète et détaillée de cette proposition déborde du cadre du présent rapport, cependant nous tenons à soulever quelques enjeux qui nous semblent particulièrement problématiques :

  • La Ville reconnait que « À ce jour, la Ville ne dispose toutefois d’aucun outil permettant de vérifier l’alignement entre ses projets et les plans d’action du Plan Climat. De plus, les mesures d’adaptation aux changements climatiques ne sont pas systématiquement prises en compte lors de l’élaboration des projets. »
  • Le Test climat aurait deux caractéristiques :
    • Le Test Climat repose sur un système de code couleur (vert, jaune, rouge) plutôt que sur un score chiffré. Ce choix vise à encourager une évaluation honnête et complète des projets, plutôt que de pousser les utilisateurs à simplement atteindre un seuil minimal pour « passer » le test. L’objectif est de favoriser une réflexion de fond sur les impacts climatiques, plutôt qu’une approche stratégique ou minimale.
    • Le Test Climat ne demande pas d’étude quantitative des émissions de GES générées par le projet. Ces études sont souvent longues, complexes et coûteuses. L’outil se concentre plutôt sur l’évaluation des mesures de réduction et de mitigation mises en place. En ciblant les efforts vers les pratiques qui réduisent les émissions à la source, le Test Climat permet de contribuer concrètement aux objectifs de carboneutralité de la Ville, tout en restant accessible et applicable à un large éventail de projets.

Observations

  • ACO salue le fait que la ville ait finalement entrepris le développement d’un test climat.
  • ACO reconnait la transparence de l’administration municipale par rapport aux limites de sa capacité d’agir et de mesurer les progrès.
  • ACO considère que la proposition de Test climat est inadéquate :
    • Tel que présenté le test climat ne sera utilisé qu’en phase de rodage au sein de l’administration municipale. Après toutes ces années de développement cette situation nous semble inacceptable.
    • L’utilisation d’un code de couleur, présenté comme une caractéristique du test climat n’est en fait qu’une simplification des données pour en faciliter la communication. Nous soumettons que pour déterminer l’impact d’une activité donnée il faut pouvoir en mesurer les caractéristiques et les effets. Il serait à notre avis plus utile de présenter un bref sommaire des attributs d’une initiative qui affectent les émissions de GES ainsi que la résilience aux effets du réchauffement climatique.
    • La deuxième caractéristique indiquant qu’il n’est pas nécessaire de quantifier les émissions de GES d’une initiative donnée est à notre avis une grave erreur. Nous croyons en effet qu’il est indispensable de quantifier les émissions de tout projet relié au transport et aux bâtiments. Les efforts requis pour quantifier seraient proportionnels au niveau d’émission considérés. Tel que nous avons observé dans notre analyse des inventaires d’émission de GES, les méthodes disponibles pour estimer les GES au niveau régional sont très limitées car souvent basées sur des ratios de PIB régional vs provincial.
    • Toutes les mesures visant les secteurs des transports et du bâtiments devraient documenter les sources et quantités d’énergie consommée sur le territoire de Gatineau et en Outaouais.
  • ACO regrette que la ville n’ait pas profité du développement du Test climat pour engager les citoyens. Nous croyons qu’il aurait été bénéfique de consulter les citoyens et les institutions dans le développement de cet outil. Nous rappelons que 95% des émissions de GES sur le territoire se situent dans le périmètre collectif et non dans le cadre des activités corporatives de la ville de Gatineau.

Suite à son lancement en automne 2024, le Partenariat Climat Outaouais (PCO) a tenu un premier forum en 2025, cette rencontre d’une journée a rassemblé des acteurs de différents milieux de la région.

Nous reproduisons ici des éléments d’information disponible sur le site web du PCO :

  • La raison d’être du Partenariat :
    Partenariat Climat Outaouais est une initiative mobilisant dans l’action les forces économiques, philanthropiques, institutionnelles et communautaires pour contribuer à renforcer les connaissances et accélérer la décarbonation, afin de rendre l’Outaouais plus résiliente face aux enjeux des changements climatiques.
    Ses membres agissent autour d’une vision commune et partagée de léguer, pour les générations futures, un écosystème territorial sain et prêt à faire face aux enjeux climatiques en œuvrant pour une communauté résiliente, sûre et en santé.
  • Le Partenariat présente trois chantiers :
    • Bâtiment
      Les bâtiments sont une source importante d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et le secteur de la construction peut jouer un rôle déterminant dans leur réduction. Ce chantier sera basé sur la concertation pour la mise en place d’actions concrètes vers la carboneutralité.
      L’efficacité énergétique dans les bâtiments, les normes sur le stationnement et une feuille de route vers la carboneutralité sont des exemples d’engagements qui doivent être travaillés avec les leaders de la communauté.
    • Énergie
      Il s’agit d’un chantier spécifique à l’Outaouais. Grâce à une entente sectorielle avec le Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), le Conseil Régional de l’Environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) mène une étude, sous la forme d’un plan d’action régional sur l’énergie. La question énergétique dans la région y est traitée, afin d’identifier les besoins actuels et futurs et d’explorer le potentiel de développement de l’Outaouais.
      Le plan de transition énergétique présentera une analyse chiffrée et concrète des besoins énergétiques projetés de la région. En novembre 2023, Hydro-Québec annonçait de 155 à 185 milliards d’investissements d’ici 2035 pour assurer la fiabilité et la qualité du service ainsi que pour augmenter la production d’énergie renouvelable, soit de 12 à 16 milliards par année. La société d’état s’est enfin fixée (sic) un objectif d’envergure en matière d’efficacité énergétique. La question que devrait se poser les membres de ce chantier est la suivante : « Comment peut-on s’assurer d’attirer de tels investissements en Outaouais? ».
    • Mobilité et aménagement
      Résolument tourné vers l’action, le chantier sera appelé à se concentrer sur la mise en œuvre des solutions dans le secteur de la mobilité et de l’aménagement. Celui-ci se basera sur les constats déjà réalisés faisant état des enjeux, mais aussi des solutions proposées dans les plans climats locaux, ainsi que dans les politiques gouvernementales (PMD, PNAAT, PGPS, OGAT).
      Le Chantier assumera un rôle revendicateur, afin de défendre les intérêts communs et de promouvoir une transition vers des choix de mobilité durables. Par ailleurs, il s’engage également à proposer des solutions concrètes et innovantes pour répondre aux défis actuels.

Observations

  • Nous notons que cette initiative rallie de nombreux acteurs économiques et sociaux de la région et que des ressources semblent disponibles.
  • Nous notons aussi qu’à date cette initiative est caractérisée par un effort marqué du point de vue des communications et des relations publiques.
  • Nous reconnaissons le potentiel de mise en réseau des acteurs du milieu autour des enjeux environnementaux.

Perspectives

  • ACO souhaite que des engagements spécifiques soient pris et que des actions concrètes mises en place pour rencontrer les objectifs de réductions d’émissions de GES et d’augmenter la résilience aux effets des changements climatiques dans la région.
  • ACO craint que cette initiative dédouane les décideurs politiques de leurs engagements et obligations. Nous recommandons donc que cette initiative s’arrime au Plan climat afin de rencontrer les cibles identifiées pour 2030. Le PCO pourrait favoriser l’harmonisation des efforts des acteurs de l’Outaouais, incluant la Ville de Gatineau et les MRCs. À cet effet, le PCO pourrait permettre à Gatineau de partager son expérience avec les municipalités voisines, qui ne bénéficient pas de ressources aussi importantes pour favoriser l’action environnementale.

30 octobre 2025 – Sondage ACO

Élections Municipales 2025 : Action climat Outaouais interroge les personnes candidates sur les enjeux environnementaux

À l’occasion des élections municipales 2025, Action climat Outaouais (ACO) a sondé les personnes candidates à la mairie et à la préfecture dans la région de l’Outaouais sur trois priorités environnementales : la biodiversité, les changements climatiques et la justice environnementale.

Cette initiative vise à favoriser une discussion éclairée et respectueuse autour des enjeux écologiques, tout en outillant les citoyens dans leur choix électoral. Elle privilégie des réponses développées de la part des personnes candidates. Ces réponses sont alors entièrement publiées sur notre site web et tous sont invités à les consulter. ACO remercie les personnes candidates pour leur engagement civique et souligne la participation active des trois personnes candidates à la mairie de Gatineau.

ACO espère que cette démarche contribuera à renforcer l’engagement environnemental des élus municipaux et régionaux et à placer les enjeux environnementaux au coeur des préoccupations des citoyens.

👉 Les résultats ont été compilés et vous pouvez les trouver ici, avec l’analyse d’ACO.

2 novembre – Élections municipales

À l’exception des deux mesures d’écofiscalité (taxe sur l’immatriculation et stationnement) introduites par l’administration précédente qui ont amené un peu de controverse, ACO rapporte que les enjeux reliés à l’environnement en général et aux changements climatiques en particulier n’ont pas occupé beaucoup de place dans cette élection.

20 novembre – Lettre d’opinion dans La Presse

La mairesse de Gatineau Maude Marquis-Bissonnette et Guy Caron, maire de Rimouski, ainsi que 22 maires et mairesses ont cosigné une lettre d’opinion dans La Presse à l’occasion de la conférence internationale sur les changements climatiques (COP30).

Les signataires mentionnent notamment :

  • le rôle important que jouent les municipalités dans la lutte aux changements climatiques. En particulier ils soulignent des enjeux tels que la mobilité durable, la protection de la biodiversité, les mesures d’adaptation aux inondations et aux îlots de chaleur
  • le besoin de la province d’orchestrer une réponse forte, cohérente et ambitieuse face aux crises interreliées de l’habitation, du climat et de la biodiversité
  • le besoin de mettre à niveau les infrastructures d’eau et les réponses aux situations d’urgence causées par les feux de forêt.

Les signataires concluent

« À moins d’un an des élections québécoises, alors que toutes les formations politiques à l’Assemblée nationale réfléchissent à la meilleure utilisation des sommes dédiées à l’action climatique, nous rappelons que les villes sont à la fois en première ligne, et déjà en action pour le climat et pour l’habitation. Nous tendons la main pour préparer la suite. »

Observations

  • ACO salue cette prise de parole de la part des élus municipaux visant à réengager les élus provinciaux qui ont bien besoin d’être rappelés à l’ordre.
  • ACO suggère que la mairesse tire profit de son rôle de présidente du caucus des grandes villes de l’Union des Municipalités du Québec pour mettre de la pression sur les élus provinciaux afin qu’ils s’investissent dans la lutte aux changements climatiques.
  • ACO suggère également que la mairesse scrute de près la façon dont le Plan climat a été mis en application au sein de l’administration municipale. Cette suggestion tient compte du fait qu’il sera nécessaire de considérer très bientôt les préparatifs pour la mise à jour et la mise à niveau du Plan climat adopté en 2021 avec un horizon de 5 ans. Notre recommandation faite plus haut de demander une évaluation de la mise en place du Plan climat auprès de la Vérificatrice générale est formulée en ce sens.

Décembre – Budget Ville de Gatineau

Le 18 décembre la Ville a adopté un budget équilibré de 925,6 M$.

Voir le communiqué de la Ville: Un budget responsable et rigoureux pour 2026 à Gatineau.

Extrait du discours de la mairesse :

  • En infrastructures, en adaptation aux changements climatiques, en éducation, en santé et j’en passe, les besoins sont immenses et les élus de l’Assemblée nationale ne doivent pas l’oublier.

Observations

  • Tout en reconnaissant l’importance pour la ville de rappeler aux élus de l’Assemblée nationale que les besoins sont immenses dans les domaines de l’éducation et de la santé de la population, ACO constate avec regret l’absence de références aux enjeux liés aux préoccupations environnementales en général et à la crise des changements climatiques en particulier.
  • Nous notons par ailleurs qu’un effort significatif a été fait pour favoriser les transports actifs et collectifs dans la communauté.
  • Nous déplorons que l’unique lien établi au sujet des changements climatiques soit en référence aux besoins en adaptation aux impacts résultant des changements climatiques, tout en reconnaissant le fardeau financier qu’imposent aux municipalités ces adaptations de leurs infrastructures.